Interview d’une infirmière libérale ( IDEL )

Aujourd’hui nous accueillons Manon, infirmière libérale à Perpignan, sur le sujet des différences entre le métier d’infirmier exercé en hôpital et celui en libéral.

  • Manon, bonjour, vous êtes infirmière depuis 14 ans c’est ça ?
  • Bonjour. Oui j’exerce sur Perpignan. J’ai d’abord travaillé en hôpital et aujourd’hui en libéral.
  • Vous avez constaté une différence entre les deux modalités ?
  • Bien sûr, déjà au niveau des actes ce n’est pas pareil. En hôpital l’infirmier est amené à souvent faire un travail médical poussé, alors qu’en libéral on peut très bien organiser ses tournées autour de petits actes, mineurs si je peux dire. Après, on est utile dans les deux cas, mais il faut voir ce que l’IDEL aime bien faire au quotidien, quand il se pose la question de quelle voie il préfère choisir.
  • Et au niveau de l’organisation, est-ce différent ?
  • Ah oui, c’est complètement différent même ! Déjà en tant qu’infirmière salariée à l’hôpital, il y a une sécurisation des revenus qu’on n’a pas du tout en libéral.
  • Mais du coup, les revenus sont moindres ?
  • Pas nécessairement, cela dépend du volume des tournées. En libéral on peut très bien gagner sa vie, mais il faut faire beaucoup d’heures. J’ai des amies qui certes gagnent moins que moi à la fin du mois, mais quand on le ramène en salaire horaire, elles sont à un niveau supérieur au mien. Donc en qualité de vie aussi. Et cela ne prend même pas en compte l’aspect administratif ! On doit gérer la télétransmission, les factures etc… Ce n’est pas simple.
  • Ce sont des frais en plus ?
  • Cela dépend de si on externalise. Moi j’ai fait ce choix dès le début car je veux que mon métier ce soit celui d’une soignante, pas d’un comptable. Je me fais aider par une société spécialisée dans la facturation des infirmiers à Perpignan. Mais j’ai des amies qui préfèrent gérer cela elles-mêmes. Du coup elles font moins de patients et préfèrent passer du temps à facturer elle même. Tout dépend de l’expérience que nous avons les uns et les autres avec les prestataires, et aussi de notre « phobie administrative » si je peux dire.
  • Vous trouvez ça rentable ?
  • Oui bien sûr, sinon j’arrêterai. Mais encore une fois, tout dépend des gens. Ceux qui hésitent n’ont qu’à essayer et voir ce qu’ils font au bout d’un an ou deux.
  • Quels conseils auriez vous pour celles et ceux qui débutent en libéral ?
  • Déjà, ne pas s’isoler. Garder le contact avec tous les collègues d’hôpital et en prendre de nouveaux parmi les IDEL. Psychologiquement et de façon pratique, c’est vraiment un must. Ensuite, même si c’est souvent décrié, les sites officiels donnent de l’actualité juridique ou sur les nouveaux métiers liés au nôtre. C’est utile. Après ce sont les deux premiers qui me viennent à l’idée mais la liste serait longue comme le bras ! Il y a aussi pas mal de blogs d’infirmiers qui sont intéressants à suivre et où on trouve une foule de cas concrets. C’est très pratique et cela réconforte de trouver des gens en situation analogue à la sienne. On se dit que comme infirmière finalement, on n’est pas si nulle ! Il y a des choses qui ne sont pas simples, et chacun essaye de faire au mieux.
  • Eh bien merci Manon pour cette première approche. On vous souhaite bonne continuation.
  • Merci à vous, au revoir.